Resumen: L’Heptaméron fait partie des recueils des nouvelles qui s’écrivent du XIVe au XVIe siècle sous l’influence du Décaméron. C’est aussi l’ouvrage auquel Marguerite de Navarre consacre les dernières années de sa vie. Son but était d’obtenir un Décaméron français, mais la mort de Marguerite laisse sa tache inachevée (soixante-douze nouvelles), et la publication posthume. L’écriture de l’Heptaméron a lieu dans un temps où la « querelle des femmes » se trouve au plus haut degré ; d’où notre intérêt pour les femmes et pour l’amour dans cet ouvrage, et pour les possibles rapports avec l’ouvrage inspirateur, tous les deux à l’aube de la Renaissance (italienne et française), bien qu’écartés de deux siècles. L’objectif général de ce mémoire est donc l’étude des femmes et de l’amour dans trois nouvelles de l’Heptaméron, et de les comparer avec le Décaméron. Cette étude est divisée en deux parties : dans la première partie, nous analysons la composante physique et sociale du portrait des femmes, pour dévoiler ensuite une brève description physique pour toutes les femmes (jeunesse et beauté) et une variété de couches sociales. Dans la seconde partie, nous analysons la composante morale des femmes et nous la mettons en rapport avec les différents types d’amour (concupiscent, courtois, vertueux) et leurs conséquences. Dans les deux parties, nous comparons le Décaméron et l’Heptaméron pour repérer quelques traits communs et une seule, mais définitive, différence : peu importe le type d’amour, dans l’Heptaméron la femme est toujours décriée, ce qui n’est pas le cas dans les nouvelles choisies du Décaméron. Marguerite a su montrer la société du moment avec ses idées, et les opinions qu’elle a voulu partager ou sur lesquelles elle a voulu faire réfléchir son lecteur. Ce qu’elle a sans doute réussi, car nous nous retrouvons encore de nos jours, nous lecteurs, à réfléchir sur les sujets de cet ouvrage qui, malgré son inachèvement, traite délicatement des sujets sensibles au seuil de la Renaissance et encore aujourd’hui.